Les Marais

Cette terre que nous connaissons bien a fortement évolué au cours des siècles.

 

Au début de notre ère, seul les points les plus hauts du Médoc émergeaient de la gironde, comme par exemle les ilots de Jau ou d'Ordonnac, et des nombreux petits affluents landais couvraient ce sol.

 

Les Médulles, peuple gaulois qui vivait dans le Médoc, ce sont accommodés à ce milieu et ils ont occupé les terres sèches. La circulation était donc difficile en ce milieu hostile à l'homme. Lors des saisons humides, l'utilisation de bateaux à fond plat était de rigueur pour les déplacements.

 

C'est en 1600 que le Maréchal de Matignon, Sire de Lesparre, signe un accord avec un hollandais pour l'assèchement des marais du nord de Lesparre. Toutefois cela ne sera jamais entrepris car cette même année, le Maréchal vend ces terres au Duc d'Epernon. Il faut attendre 1627 pour que le nouveau propriétaire pense à faire assécher les marais de sa Sirie. En effet, à cette période, le Duc à un fort besoin d'argent, il pense donc à faire assainir ses terrains afin d'en tirer de nouvelles rentes. C'est pourquoi, en 1628, il passe un nouvel accord avec Jean Alsen, puis à la mort de ce dernier en 1633 avec Tisman Goris et Pietter Batten.

 

 

" J'ay passé contract il y a quelques temps avec des marchands flamants habitués à Bordeaux pour le desséchement de quelques marais qui sont dans ma terre de Lesparre et d'autant qu'il a pleu au Roy concédé quelques privileges par ses edists aux entrepreneurs de semblables ouvrages desquels ceux qui ont contracté avec moi veulent supplier très humblement sa Majesté de les faire Jouyr."

                   Le 25 janvier 1628 lettre du Duc d'Epernon au Cardinal de Richelieu

 


Le Duc assèche alors 16 320 journaux, soit de Lesparre jusqu'à la Gironde.

 

Journal : unité de mesure de l'époque moderne. Elle correspond à la surface labourable par un homme en un jour. Elle est variable d'une région à l'autre.

 

La méthode utilisée ici était la plus courante : une digue entourait les marais. Autour d'elle, sur l'extérieur, un fossé recueillait les eaux venant des alentours pour les conduire jusqu'à la Gironde. Afin que l'eau de celle-ci ne remonte pas dans les fossés lors des marées, ils étaient fermés par des écluses. A l'intérieur des digues, un chenal principal accueillait les eaux des chenaux secondaires. Là encore, le grand chenal était relié à l'estuaire par une écluse.

 

C'est ainsi que le territoire de notre commune fut remodelé. Le chenal principal dont il est question ici, dans les marais de Lesparre qui s'étendent à l'ouest de Civrac, est ce que l'on nomme aujourd'hui le petit chenal du Gui.

 

Si nous ne sommes pas entrés directement à l'intérieur du marais, c'est qu'il est impraticable. Il y a peu encore, les villageois y faisaient paître leurs vaches et moutons durant l'été ce qui permettait de le maintenir propre. Un grand fossé entourait tout le marais de Civrac et empêchait les animaux de sortir de leurs "champs". De plus, les habitants du hameau voisin avaient l'autorisation de venir y couper le bois pour le chauffage. De ce fait, le marais était entretenu, tondu et nettoyé. Cependant, avec le recul de l'activité agricole, il n'y a plus aujourd'hui d'animaux en liberté et l'endroit est vite devenu difficilement pénétrable, hormis peut-être pour les chasseurs avertis. 

 

 

Les marais sont également un lieu de vie pour des espèces rares.

Loutre d'Europe ou commune
Loutre d'Europe ou commune

Il s'agit d'une espèce rare, protégée qui vit dans le marais d'Europe et donc le notre.

 

Son corps fuselé fait d'elle une excellente nageuse qui peut plonger pendant près de 7 mn. Ses pates aux 5 doigts palmés et sa queue l'aident à se propulser rapidement dans l'eau. Elle se nourrit de poissons, d'amphibien mais également de souris et d'oiseaux. La loutre sort principalement la nuit, c'est pourquoi nous la voyons peu. Seules ses empreintes sont facilement reconnaissables dans les chemins boueux au bord de l'eau. Son terrier est fait de branchages en surface mais l'entrée est souterraine.

 

 

vison d'Europe
vison d'Europe

Vison d'Europe

 

Il s'agit d'un mammifère menacé qui vit principalement dans le sud-ouest de la France dans les milieux semi-aquatiques. Il n'en reste plus qu'en Espagne et dans notre région alors qu'il était présent sur la majorité du territoire européen au siècle dernier.

 

Il possède des pattes courtes et un corps élancé. Un mâle peut peser jusqu'à 1kg. Il est possible de le confondre avec son cousin d'Amérique, importé en Europe pour sa fourrure et qui s'est implanté ici après s'être échappés d'élevages. On les différencie à la tache blanche sous le museau du Vison d'Europe, absente sur celui d'Amérique. Il se nourrit essentiellement de grenouilles, de petits mammifères, d'oiseaux et de poissons.