Escurac

Histoire

Le fief est situé sur les hauteurs de Civrac appelées « terre haute », probablement le seul îlot émergeant d’environ 40 mètres au dessus de l’eau lorsque le Médoc était recouvert d’eau. Le chenal de L’Hervaut, ruisseau qui entoure et protège les murs du château de Lesparre passe non loin de là vers l’ouest. Ce chenal est également appelé petit chenal de Guy.

Les premières occupations du site remontent à la période antique. Il est probable qu’il y ai eu là un château durant le Moyen-Age, celui-ci aurai alors été rasé lors de la Guerre de 100 ans ; les batailles étaient rudes dans le Médoc.

 

Lesparre aurait été un des derniers lieux où flotta le lion anglais en France après la bataille de «male journade» et l’entrée dans le Bas-Médoc du comte Orval qui le pilla.

 

Toutefois, dans les sources écrites, il n'est fait mention nulle part du château, il est donc probable que par la suite, seule une maison noble ait été reconstruite. Les premières mentions écrites de la Seigneurie D’Escurac remontent au XIII° siècle avec une série d’allégeances de ces seigneurs au roi d’Angleterre.

 

Le premier seigneur connu par un acte de 1266 est Amadieu d’Escurac douzet (demoiseau). Les seigneurs d’Escurac sont également des vassaux du Sire de Lesparre.

 

La seigneurie d’Escurac était un petit fief avec une majorité de ses terres recouverte par les marais de Lesparre. De ce fait, il s’agissait d’une terre relativement pauvre dont les seigneurs tiraient peu de revenus.

 

Au XVII° siècle, la paroisse d’Escurac est donc une petite cure de 25 feux (foyers) avec 70 à 75 habitants. Le pasteur ne venant plus dans leur chapelle, les habitants demandent alors à ce que leur paroisse soit rattachée à celle de Civrac en 1622.

 

A cette date lors des périodes humides, le moyen le plus simple de relier Escurac à Civrac était encore le bateau.

 

Toutefois, cette terre aride d’Escurac ne le restera pas toujours. En effet, en 1627, le Duc d’Epernon, alors Sire de Lesparre, passe un accord avec les Hollandais pour assécher les marais. Ainsi les terres d’Escurac se situant sur le marais de Lesparre deviennent alors fertiles et Escurac voit alors ses terres, jusque là arides, devenir labourables et donc ses revenus augmenter sensiblement.

 

Notons en 1743 la mort violente de Jean d'Escuac, tué à coup d'arquebuse (ancêtre du fusil) dans la poitrine dans son allée de marronniers par un voisin.

 

 

Aquitaine Anglaise

Aquitaine becomes English when …Eh sorry !

 

L’Aquitaine devient anglaise en 1152 après le mariage d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre, avec Aliénor d’Aquitaine, épouse répudiée de Louis VII roi de France. C’est la Guerre de 100 ans, qui débuta en 1303, qui mit fin à cette période de notre histoire avec la bataille de Castillon en 1453.

Saint Médard

Evêque de Noyon au début du VI° siècle.

Il rencontrera la reine Radegonde et la consacrera diaconesse.

 

Proverbe : « S’il pleut le jour de la saint-Médard (8 juin), celle-ci durera 40 jours».

 

Attributs : un aigle souvent survolant le saint, un coeur symbolisant sa charité.

La Chapelle

C'est donc dans cette seigneurie que se situe la chapelle Saint-Médard.

 

Il s'agit d'une chapelle de campagne, de dimension modeste datée du XIème siécle. De cette période il ne reste que l'abside semi-circulaire. La nef se compose d'une travée unique, elle doit être postérieure au choeur car les appareils de construction sont différents. En effet, le chevet est en pierre de taille alors que la nef est en moellons. Le chevet mesure 6m30 de long et 4m10 de large, la nef fait 5m80 de large et 13m70 de long, ainsi la longueur totale de l'édifice est de 20 m. La hauteur sous plafond est de 6 m.

 

L'accès principal se fait par le sud celui-ci ayant été prolongé par un narthex construit prostérieurement. La morphologie actuelle de l'église date du XVIIème siècle avec le rajout d'une sacristie ouvrant sur le coeur. La cloche devait se situer sur un clocher-mur sur la façade ouest, mur qui bien que détruit, dépasse d'environ 1m de la structure originelle du bâtiment.

 

L'intérieur est sobre, seul le chevet est décoré de deux chapiteaux remarquables pour cette période. Ceux-ci sont ornés de rinceaux végétaux typiques du premier art roman. Au dessus, une frise géométrique apparait, il est possible qu'elle fasse le tour du chevet. Deux lésènes viennent compléter ce décor. Une baie est étrangement désaxée par rapport au chevet. Enfin, un autel en peirre présente comme seul ornement des croix aux quatre coins du plateau. Ce chevet était recouvert d'une voute en cul-de-four. Mais celle-ci s'est effondrée au XVème siècle. Cette voute explique pourquoi les murs du chevet sont aussi épais : 1 m au plus large.

 

Notons que ces murs ne sont pas droits. Ils penchent vers l'extérieur. Cela pourrait être la cause de la chute de la voûte. Toutefois, selon l'abbé Joseph Pelloquin, prêtre de Lesparre jusqu'en l'an 2000, cela serait habituel et cela faciliterait la montée des âmes vers le ciel.

 

La voûte a été reconstruite au XVème siécle dans un style gothique, il s'agissait d'une voûte à croisée d'ogives. Ces dernières devaient reposer sur les culots encore visible dans le chevet. Les premiers, appuyés sur les chapiteaux romans, ne sont pas décorés, ceux dans le choeur sont sculptés de personnages. Cette voûte s'est également effondrée, l'ensemble a donc été recouvert d'une charpente en bois apparente.

 

A droite de l'entrée, sur le mur nord ouest, une porte datée des XVIème, XVIIème siècles donnait sur le cimetière. Vers la même période, une arcade composée de deux pilastres surmontés d'un arc en lancette a été crée. Le pilastre de gauche fait l'angle avec le mur ouest alors que celui de droite s'appuie sur une colonne semi-engagée remontant jusqu'au plafond et décorée d'un chapiteau avec des personnages nus. Il est probable que cet ensemble décoratif ait servit à accueillir les fonts baptismaux.